Les contes ne sont jamais de vieilles histoires ce sont des graines que l’on dépose dans le creux des mains et qui grandissent au-delà de la voix.
Depuis toujours Patricia chemine à l’écoute des récits ; Portant en elle son métissage depuis l’Afrique à Italie. Terre d’oralité et de griots. Les histoires arrivent comme on reçoit un héritage. Enfant, elle invente et joue, redéfinis l’espace-temps et crée des paysages où l’imaginaire prend forme grâce à la peinture et au dessin.
Son goût pour les mots la conduit vers les lettres modernes et les images vers les arts plastiques. Puis, ses premiers voyages, ses racines africaines l’emmènent vers ces terres inconnues où la parole est transmission, où le battement du tambour vibre dans le corps. Elle y découvre la danse et les contes dans lesquels les histoires mettent en scène les ancêtres, les sages, les animaux.
Dans un premier temps, c’est à travers le mouvement qu’elle va s’adresser au monde. Mais sa passion pour les histoires et les contes est à fleur de geste. C’est aux enfants et adultes rencontrés au fil de son parcours d’éducatrice spécialisée qu’elle confie ses premiers contes, puis les murmure à sa fille.
Curieuse elle parcourt la France au rythme des festivals, découvre le monde du spectacle vivant et cet espace dans lequel l’interaction avec le public, offre une bulle, une suspension dans le temps et ouvre sur l’imaginaire
Elle devient performeuse feu, se forme à la danse contemporaine et crée ses premiers spectacles.
Mais sa passion pour les mots et les contes demeure, elle décide alors d’explorer le récit et sa voix au fil des rencontres et initiations auprès d’autres conteurs parmi eux ; Fatiha Sadek, Kamel Guemoun, Mauricette Joly, Agnès Dauban et Claudia Mad'moiZèle.
Certaines rencontres seront déterminantes, comme celle avec Claudia Mad’moiZele.
C’est avec bienveillance, qu’elle va lui permettre de déposer non plus ses pas de danse mais de déployer sa voix.
Au fil de ces stages; ateliers, lab'oratoires de 9 mois et d’accompagnement avec elle, la décision est douce et devient une évidence.
Devenir conteuse et vivre de cet art.
Pour Patricia, raconter devient un acte de partage, de mémoire ouvrant des chemins sur l’imaginaire. Son univers est nourri par sa passion pour les mots, le corps et la transmission ; Découvrant que les contes ne se disent pas seulement avec la voix, qu’ils peuvent s’étirer avec le souffle et le geste.
Ses créations deviennent sa façon d’habiter le monde
A la croisée du conte et de la danse, ces histoires sont des invitations à ralentir, à entendre la voix discrète du vivant. Elles semblent être glanées au bord des chemins, dans le murmure des arbres ou le champ des rivières. A travers ses récits Patricia nous rappellent que nous étions des voyageurs guidés par le souffle du monde, elle y explore aussi le lien entre le récit et le mouvement, laissant le corps poursuivre ce que les mots murmurent,